COMITE DU LOIRET DE BASKET BALL
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Jean-Claude BOIS

Extrait de l'article de la Revue Basketball N° 700 - Février 2005 - Julien GUERINEAU.

L'ESPRIT COCARDIER

A 68 ans, Jean-Claude Bois a choisi de ne pas briguer un cinquième mandat au Comité Directeur de la FFBB. Retour sur le parcours d'un homme à la vie entièrement dédiée au basket français ... et aux coqs.

Ne lancez pas Jean-Claude Bois sur les coqs. Vous risqueriez de devoir modifier quelque peu vos rendez-vous de la journée. Celui qui était il y a quelques semaines encore le Vice-Président de la Fédération Française est intarissable sur le sujet. Et quand le Président Yvan Mainini a souhaité lui rendre hommage et lui offrir un cadeau lors de l'Assemblée Générale de décembre dernier, il n'a pas eu besoin de chercher bien loin. Deux nouveaux coqs sont venus s'ajouter à son impressionnante collection de 438 pièces. " C'était un grand moment d'émotion ", reconnaît-il aisément.
Cette passion remonte à 1971 quand, lorsque Jean-Claude Bois fut nommé arbitre international, son club d'Orléans organisa une fête en son honneur et eut l'idée de lui faire fabriquer par un ferronnier un superbe coq. Un choix dicté par la représentation bleu-blanc-rouge de l'animal qui ornait à l'époque les maillots des hommes en gris français.Lors des multiples voyages qui suivirent, un coq trouvé ici ou là finira systématiquement dans ses valises. " Beaucoup de pays l'ont choisi parce que c'est un symbole de force, d'aisance. Il n'est jamais en état de faiblesse. Chez les Egyptiens, c'était l'animal le plus vénéré parce que le matin, c'est lui qui envoie les gens au boulot. ", poursuit Jean-Claude Bois, avant de vous inviter chez lui pour y admirer sa collection. Sur place, on n'y retrouvera pas, en revanche, le coq en chair et en os offert pour ses cinquante ans et qui finit sa course dans la gueule des chiens des voisins, chargés de le garder pendant un déplacement.
Mais le coq, sous toutes ses formes, n'est qu'un sous chapitre dans l'oeuvre de Jean-Claude Bois, presque toute entière dédiée au basket. Sa grande fierté ? Il a signé cette saison sa 60ème licence ! Pas mal pour ce Parisien de naissance et Orléanais d'adoption dont la carrière de joueur l'a amené aux portes de l'Equipe de France universitaire. Mais " flying Jean-Claude " ne fut finalement pas retenu et préféra se concentrer sur l'entraînement et surtout l'arbitrage, poussé par un dirigeant qui, un dimanche matin, l'avait inscrit sans lui demander son avis à un examen. C'est d'ailleurs pour garder le sifflet en bouche qu'il renoncera au concours d'inspecteur de la jeunesse et des sports. Un choix judicieux puisqu'il l'a amené à faire des rencontres débouchant sur de belles amitiés et d'intéressantes possibilités professionnelles : " Un jour on m'a collé le jeune Yvan Mainini pour une rencontre. Il avait 20 ans et moi 29. On nous faisait arbitrer deux matches sur un week-end et nous nous sommes retrouvés ensemble à Paris. Cela s'est reproduit quatre fois dans la saison. Nous sommes devenus amis. C'était il y a 40 ans. "
Et comme le président de la FFBB, Jean-Claude Bois a écumé le monde à l'occasion de compétitions internationales. Son plus grand souvenir ? La finale des Universiades de 1973 à Moscou. " C'était un an après les jeux de Munich et la victoire de l'Union Soviétique sur les Etats-Unis. Las Américains avaient voulu prendre leur revanche en envoyant la même équipe et les Soviétiques avaient décrété que tous leurs champions olympiques étaient encore étudiants. La veille de la finale, avec Elisabeth Riffiod, la mère de Boris Diaw, on se disait qu'on arriverait deux heures avant pour avoir de bonnes places. Et finalement je l'ai rappelé pour lui dire, laisse tomber, j'ai la meilleure place possible, j'arbitre ce match. Les Américains ont gagné. "
En sus de son activité d'arbitre, Jean-Claude Bois a été membre pendant 33 ans de la Ligue Régionale du Centre et a occupé le poste de président pendant 12 années. Des responsabilités qui l'amèneront tout naturellement au Comité Directeur de la FFBB en 1988, sous la présidence de René David, afin de créer la Commission Fédérale des Jeunes. Le premier de ses quatres mandats. D'autres prérogatives suivront : trésorier de 1992 à 1996, puis vice-président de 1996 à 2004. Des missions dont le résultat est facilement palpable puisque Jean-Claude Bois a particulièrement travaillé sur le dossier des DOM-TOM, des assurances pour les joueurs internationaux ou encore sur le déménagement de la Fédération de la Rue Froment, dans le 11ème arrondissement de Paris, à la rue du Château des Rentiers. Un déménagement marqué par le destin puisque Jean-Claude Bois découvrira alors que sa propre mère avait habité dans cette rue.
A 68 ans, et en pleine santé, l'ancien vice-président et toujours administrateur élu au CNOSF a pourtant choisi en décembre dernier de ne pas briguer un cinquième mandat. " J'ai réalisé que pendant quatre mandats, j'ai occupé un siège de décideur ", estime un homme qui va malgré tout continuer à servir le basket au sein de la FFBB.. " Et ce poste m'a permis de m'associer à toutes les décisions politiques qui ont été prises et de faire des suggestions. Je pense avoir donné tout ce que j'avais à offrir sur ce terrain. Et maintenant il faut laisser ma place à un autre. Un autre doit bénéficier de cette chance. " Et des places, il y en a quelques unes à prendre, Jean-Claude Bois ayant porté de nombreuses casquettes ces dernières années. " J'ai pris des notes pour que le président n'oublie rien à l'heure de la distribution ", conclut-il dans un dernier éclat de rire.